Tougan : le tissage, un tremplin vers l’autonomie pour des femmes déplacées
À Tougan, dans le Sourou, la Coopérative Fantayakèlè forme des femmes déplacées internes et issues des communautés d’accueil au tissage, à la teinture et au Koko Dunda. Une activité qui leur permet d’acquérir un métier et de développer progressivement leur autonomie.
Dans l’atelier de la Coopérative Fantayakèlè, les métiers à tisser tournent au rythme de l’apprentissage. Une vingtaine de femmes y travaillent, dont des déplacées internes et des femmes des communautés d’accueil.
À l’origine de cette initiative, Mariam Zongo Ouédraogo, responsable de la coopérative. Formée au tissage, elle a choisi de transmettre son savoir-faire à d’autres femmes et jeunes filles.
« Nous faisons le tissage ici, la teinture, les dessins sur les tissus et le Koko Dunda », explique-t-elle.
Après avoir bénéficié d’un accompagnement pour s’installer, Mariam a progressivement développé son atelier. Une dizaine de femmes déplacées internes ont déjà été accompagnées jusqu’à leur installation, selon elle.
« Mon souhait est qu’elles soient autonomes à leur tour et qu’elles puissent aussi apprendre le métier à d’autres », confie-t-elle.
« Il faut se lancer dans des activités »
Parmi les apprenantes, Kadidiatou Souabo pratique le tissage depuis environ un an. Elle dit avoir acquis de nouvelles compétences grâce à la formation.
« Le travail m’a beaucoup intéressée. La responsable partage ses connaissances avec tout le monde », témoigne-t-elle.
Pour elle, l’apprentissage d’un métier constitue une opportunité pour les femmes de mieux prendre en charge leurs besoins.
« Aujourd’hui, il faut se battre. Il faut se lancer dans des activités. Si tu arrives d’abord à satisfaire toi-même tes besoins, c’est déjà un grand pas », estime-t-elle.
Jacqueline Drabo, arrivée à la coopérative sans connaissance du métier, a elle aussi appris le tissage, la teinture et la réalisation de motifs.
« Je sais maintenant tisser, faire la teinture et les motifs. Avec ce métier, j’arrive à subvenir aux besoins de ma famille », témoigne-t-elle.
Elle encourage notamment les femmes déplacées internes à apprendre un métier et à entreprendre.
La coopérative accueille également des sessions de formation destinées aux jeunes filles et aux femmes déplacées internes. Mais ses conditions de travail restent précaires.
« Nous sommes sous des hangars. En cas de pluie, nos tissus sont mouillés », explique Mariam Zongo Ouédraogo.
Elle souhaite disposer de davantage de fils et de métiers à tisser, ainsi que d’un espace adapté à la formation et au perfectionnement des tisseuses.
Malgré ces difficultés, la responsable entend poursuivre son engagement. À travers la Coopérative Fantayakèlè, le tissage devient ainsi pour plusieurs femmes un moyen d’acquérir un savoir-faire, de générer des revenus et de construire progressivement leur autonomie.
Eben-Ezer Ki/ Colombe Média
