Tougan : 113 personnes déplacées internes formées aux techniques agroécologiques pour renforcer leur autonomie
Faire des déchets des ressources utiles, produire des fertilisants naturels et développer des activités agricoles sur de petites superficies. C’est autour de ces pratiques que 113 bénéficiaires, majoritairement des personnes déplacées internes (PDI), ont été formés du 2 au 4 novembre 2026 à Tougan, dans la province du Sourou. L’initiative vise à renforcer leur résilience, favoriser leur autonomie alimentaire et leur offrir de nouvelles perspectives de revenus.
Durant trois jours, des femmes et des hommes venus notamment de Buoaré, Guimou, Kankani, Yéguéré, Kouy et Dissi ont bénéficié d’un apprentissage théorique et pratique sur plusieurs techniques de production agroécologique et de valorisation des ressources locales. Parmi les participants, environ 90 % étaient des personnes déplacées internes et 10 % issus des communautés hôtes.
Les modules ont porté sur la réalisation de jardins super potagers, la fabrication de compost, la production d’engrais liquides, la préparation de bio-répulsifs, l’extraction d’huile de neem ainsi que l’élevage de la volaille locale.
Une place importante a également été accordée à la production du biochar à partir des déchets ménagers et des résidus végétaux. Cette technique permet de transformer des matières disponibles localement en produits utiles à l’agriculture et à l’environnement. Le biochar peut notamment contribuer à l’amélioration de la qualité des sols. Transformé en briquettes, il constitue également une alternative au charbon de bois traditionnel pour la cuisson des aliments.
Selon David SANOU, superviseur d’une organisation intervenant dans la promotion de ces pratiques en Afrique de l’Ouest, ces techniques sont particulièrement adaptées aux réalités des bénéficiaires, dont certains disposent de superficies réduites pour leurs activités agricoles. Il a notamment mis en avant le jardin super potager, une méthode permettant d’obtenir des rendements intéressants sur de petits espaces. Il s’est par ailleurs réjoui de l’implication des participants dans les exercices pratiques.
Au-delà de la formation, un accompagnement matériel est prévu, notamment à travers la mise à disposition de pyrolyseurs et de semences, afin de faciliter le démarrage effectif des activités de production et de transformation.
Pour Sirabé Barthélémy COULIBALY, président de la structure partenaire locale, cette initiative constitue un levier pour favoriser l’autonomie agricole, alimentaire et économique des bénéficiaires. Il a salué leur engagement et leur intérêt pour les différentes techniques enseignées, soulignant les possibilités de création d’activités génératrices de revenus offertes par ces nouvelles compétences.
De son côté, le représentant du Directeur provincial en charge de la Famille et de la Solidarité du Sourou, le camarade Cheikh Ousmane OUEDRAOGO, a relevé les opportunités économiques liées à la production du charbon écologique. Il a particulièrement encouragé les femmes à se regrouper pour développer des activités de fabrication et de commercialisation de ce combustible alternatif.
Présent à la cérémonie de clôture, le premier vice-président de la délégation spéciale de Tougan, le camarade Siaka BORO, a salué une initiative qui conjugue renforcement des capacités, entrepreneuriat et protection de l’environnement. Il a exhorté les bénéficiaires à mettre en pratique les connaissances acquises, rappelant que la formation et l’esprit d’initiative doivent contribuer à leur participation active à leur propre développement.
Au terme de ces trois jours d’apprentissage, les 113 bénéficiaires ont reçu des attestations de formation. Ils disposent désormais de nouvelles compétences qu’ils sont appelés à valoriser sur le terrain. L’enjeu est désormais de transformer ces acquis en activités durables, capables de renforcer leur résilience, de créer des revenus et de favoriser leur insertion socioéconomique.
Eben-Ezer Ki / Colombe Média
