Sourou: L’exploit de l’éducation en situation d’urgence
L’atelier de clôture du projet « Amélioration de l’apprentissage et de la résilience » (PAARE) s’est tenu le mardi 24 février 2026 à Tougan. Après deux ans d’intervention de l’ONG Terre des Hommes, les résultats affichent un taux de réalisation physique de 105 %, marquant un tournant décisif pour l’éducation et la cohésion sociale dans la province du Sourou.
Lancé dans un contexte de crise sécuritaire et humanitaire aiguë, le projet PAARE a officiellement bouclé ses 24 mois d’activités. Autorités administratives, services techniques et équipes de terrain se sont réunis ce mardi pour examiner les fruits d’une intervention structurée autour de trois piliers majeurs : l’accès à une éducation de qualité, la protection des apprenants et l’autonomisation des jeunes.
Le chef de projet, Pascal Vivien Yonli, a exprimé une vive satisfaction lors de la présentation des chiffres. Avec une consommation budgétaire maîtrisée et un taux de réalisation physique de 105 %, le projet a largement dépassé ses cibles initiales.
Sur le terrain, cet impact se traduit par la construction et l’équipement d’Espaces Temporaires d’Apprentissage (ETA). Ces structures garantissent un cadre digne aux enfants déplacés internes. Au-delà des murs, le projet a agi sur le levier pédagogique : formation des enseignants, dotation en kits scolaires, prise en charge des frais de scolarité et appui aux cantines pour lutter contre l’abandon scolaire.
Le volet « Protection » a été le cœur battant du PAARE. En collaboration avec l’Action Humanitaire, des cas de violences basées sur le genre (VBG) ont été pris en charge.
L’une des innovations phares réside dans la promotion de familles d’accueil temporaires pour les enfants isolés. Le Dr Dramane Zongo, Coordonnateur terrain, a souligné l’importance des activités de santé mentale : « Ce soutien psychosocial a redonné un équilibre essentiel aux élèves et aux parents sur les sites d’intervention », a-t-il précisé.
Pour garantir la pérennité des acquis, le PAARE a misé sur la relève. En partenariat avec la Direction Provinciale de la Jeunesse, des jeunes leaders ont été formés et financés pour porter des projets de paix au sein de leurs communautés.
« Ce ne sont pas de simples statistiques, ce sont des écoles qui fonctionnent et des enfants qui retrouvent le sourire», a indiqué Wendyam Martial Ouédraogo, Secrétaire Général de la Province.
Représentant le Haut-Commissaire, M. Ouédraogo a salué une réponse « concrète et humaine ». Il a toutefois insisté sur la responsabilité des acteurs locaux dans l’entretien des infrastructures et a exhorté les jeunes à devenir de véritables « ambassadeurs de la paix » pour le Sourou.
✍️Ambroise KI/Colombe Média

