Médias : l’OBM appelle les journalistes à renforcer leur professionnalisme face aux défis du numérique et de l’IA
L’Observatoire burkinabè des médias (OBM) a organisé, ce samedi 7 novembre 2026 à Koudougou, dans la région du Nando, un atelier de restitution du rapport d’observation des médias sur la période 2023-2024. Cette rencontre avec les professionnels des médias vise à renforcer la qualité des productions journalistiques à travers le respect de l’éthique et de la déontologie, dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle et la prolifération des fausses informations.

Depuis 2012, l’Observatoire burkinabè des médias œuvre à l’amélioration des pratiques professionnelles dans le paysage médiatique national. C’est dans cette dynamique qu’il a initié cet atelier de restitution, afin de partager avec les acteurs des médias les principaux constats et recommandations issus de son rapport d’observation.
Deux communications ont ponctué les échanges. La première a porté sur le rapport d’observation de l’OBM couvrant la période 2023-2024. Elle a permis de présenter les forces, les acquis et les insuffisances relevés dans les productions des médias burkinabè, tout en formulant des pistes de solutions pour améliorer les pratiques professionnelles.
Selon le président de l’OBM, Hamado Ouangrawa, ce rapport est le reflet des constats dressés par l’ensemble de la profession. Il met en lumière les insuffisances observées sur le terrain et propose des recommandations à l’endroit du gouvernement, des responsables de médias, des partenaires et des organisations professionnelles.

« En conjuguant nos énergies, nous pouvons améliorer la qualité de nos productions », a-t-il souligné. Il a également insisté sur la nécessité pour les journalistes de tenir compte du contexte national marqué par l’insécurité et la lutte pour la reconquête de l’intégrité du territoire, en adoptant des attitudes de responsabilité et de résilience.
La deuxième communication a été consacrée au journalisme à l’heure de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux. Les échanges ont mis en évidence les nouveaux défis auxquels les professionnels sont confrontés : prolifération des intox et des fausses nouvelles, dépendance aux réseaux sociaux et nécessité de produire une information à la fois rapide, fiable et vérifiable.
Pour Hamado Ouangrawa, l’intelligence artificielle s’impose désormais dans les pratiques journalistiques. Si elle offre de nouvelles possibilités et facilite le travail des professionnels, son utilisation comporte également des risques qui exigent vigilance et responsabilité.
Le président de l’OBM a ainsi invité les journalistes à privilégier la vérification des informations et à conserver leur implication personnelle dans le processus de production. L’objectif, selon lui, est de préserver la dimension humaine du journalisme, notamment dans les reportages.
Au terme des échanges, plusieurs exigences ont été rappelées : le respect de l’éthique et de la déontologie, l’honnêteté intellectuelle, la responsabilité éditoriale et l’usage responsable des outils numériques. En perspective, le renforcement des capacités des journalistes sur les nouveaux outils et les mutations du métier apparaît comme un impératif.
À travers cette initiative, l’OBM entend contribuer à l’émergence d’un journalisme plus professionnel, responsable et adapté aux réalités actuelles du Burkina Faso.
Eben-Ezer Ki / Colombe Média
