Journée Nationale de l’Arbre au Sourou : Tougan se mobilise pour un reboisement citoyen
À l’appel du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, la population de Tougan s’est massivement mobilisée ce samedi pour célébrer la Journée Nationale de l’Arbre (JNA). Placée sous le thème « Ma concession, mon arbre », cette édition 2026 marque une rupture historique avec les pratiques du passé, en mettant l’accent sur l’engagement patriotique, la responsabilisation individuelle et l’innovation numérique.
Les opérations de plantation ont débuté au Haut-Commissariat du Sourou, avant de se propager dans les différents services publics et les concessions privées de la ville. Pour cette campagne, les autorités locales ont décidé de changer radicalement de paradigme. Fini le temps des distributions gratuites et massives de plants, dont le taux de survie restait souvent dérisoire.
Le Haut-Commissaire de la province du Sourou, Désiré Badolo, a fermement recadré la nouvelle doctrine environnementale : « Il n’y a plus de plants à acquérir pour distribuer aux gens comme avant. C’est du folklore. À travers cette initiative, on vise à responsabiliser davantage les citoyens. » Selon l’autorité provinciale, le fait d’acheter soi-même son plant constitue le premier pas vers une prise de conscience indispensable pour garantir l’entretien et la survie de l’arbre.
La grande innovation de cette JNA 2026 repose sur l’intégration des technologies numériques afin de suivre l’évolution du couvert végétal en temps réel. Chaque citoyen, fonctionnaire ou ménage, est désormais invité à enregistrer son action sur une plateforme en ligne dédiée.
« Lorsque vous allez planter un arbre, vous allez sur la plateforme, vous renseignez le lieu, la nature et le nombre d’arbres mis en terre », a expliqué Désiré Badolo, insistant sur la rigueur requise dans le remplissage de ces fiches numériques.
Sur le terrain, cette nouvelle approche a suscité un véritable engouement. Les habitants de Tougan y voient un devoir civique face à l’avancée du désert et au changement climatique.
Pour Ahmed Touze Zina, citoyen mobilisé, l’action s’inscrit en droite ligne de la vision politique actuelle : « C’est un acte patriotique. Celui qui a planté un arbre n’a pas vécu inutile. Nous accompagnons la vision du président Ibrahim Traoré pour un Burkina vert. » Un avis partagé par Aboudou Tiama, pour qui « l’arbre c’est la vie » et le strict minimum est que chaque habitant parraine, protège et arrose au moins une plante.
Les institutions locales ont immédiatement joint le geste à la parole. À la Direction Provinciale de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle du Sourou, 32 plants ont été mis en terre. Le premier responsable de la structure, Dramane Sow, assure que le suivi sera total : « L’initiative est très belle car elle nous interpelle directement. Chacun va assurer le suivi pour que les résultats futurs soient probants. »
En misant sur la durabilité, la responsabilité citoyenne et la traçabilité technologique, la province du Sourou pose les jalons d’une transformation durable de son paysage sahélien.
Eben-Ezer Ki/Colombe Média
