District sanitaire de Tougan : un modèle de résilience au service des populations

District sanitaire de Tougan : un modèle de résilience au service des populations

Le District Sanitaire de Tougan a réuni ses forces vives ce mercredi 15 juillet 2026 pour son premier Conseil de Santé de District (CSD) avec l’accompagnement de la Croix-Rouge Burkinabé à travers le projet Santé Sexuelle et Reproductive. Entre bilans chiffrés, défis logistiques et perspectives de reconstruction, les acteurs locaux réaffirment leur engagement à maintenir l’accès aux soins pour les populations vulnérables.

Présidé par le Haut-Commissaire de la province, ce cadre statutaire et stratégique s’est donné pour objectif général de renforcer la gouvernance sanitaire. À travers une coordination efficace des interventions et une prise de décision concertée, les participants ont passé à la loupe les indicateurs de santé du district afin d’optimiser la prise en charge des populations affectées par la crise.

 

Le Dr Jérôme Wend-Zoodo Nikièma, médecin-chef du district sanitaire de Tougan, s’est réjoui de la stabilité sanitaire globale du territoire au cours du semestre écoulé :

 

« Il s’est agi de voir quelles sont les maladies rencontrées, les préoccupations majeures et les défis en matière de surveillance. Malgré le contexte sécuritaire, les actions ont été menées pour que le district ne rencontre pas d’épidémie ni de problème sanitaire majeur. C’est une situation à saluer. »

 

Toutefois, le réseau d’infrastructures reste lourdement impacté. Le conseil a dressé un état des lieux des formations sanitaires incendiées ou vandalisées. Des projets de réhabilitation et de reconstruction sont d’ores et déjà envisagés pour favoriser le retour progressif des agents de santé et garantir des soins de qualité.

 

Face à l’inaccessibilité de certaines zones, la délégation des tâches est devenue une stratégie vitale. Les Agents de Santé à Base Communautaire (ASBC) et les accoucheuses villageoises pallient l’absence de structures formelles en assurant la vaccination, la nutrition et les accouchements.

 

« Les chiffres sont parlants : nous sommes à plus de 1 300 accouchements réalisés rien que ces 6 mois par ces accoucheuses villageoises. Cela montre que sur le terrain, malgré le défi sécuritaire, il y a une résilience qui s’organise », souligne le Dr Nikièma.

 

Si les médicaments sont gratuits, leur acheminement demeure le principal goulet d’étranglement pour la médecine de proximité. Camarade Bernard Zongo, chargé de la promotion de la santé, pointe du doigt l’impact des détours sécuritaires :

 

« Notre gros défi, c’est la disponibilité des intrants et le coût de leur transport au niveau des ASBC. Quelqu’un qui doit faire 45 kilomètres en temps normal doit parfois en faire plus de 300 aujourd’hui pour chercher le même produit. De plus, il n’y a pas de mécanisme pour leur carburant. C’est la communauté elle-même qui s’efforce de cotiser. »

 

Un constat partagé par Amadou Maïga, Infirmier-chef de poste du CSPS de Zizin-Da, pour qui ce cadre d’échange a été salvateur : « Nous vivons dans une zone à défi sécuritaire. Ce cadre bénéfique nous a permis d’analyser la situation et d’ouvrir des perspectives pour la santé de nos populations qui nous tient profondément à cœur. »

 

 

La Croix-Rouge Burkina, par la voix de Lamoussa Joseph Ouédraogo, superviseur en santé sexuelle et reproductive, a lancé un appel vibrant à la mobilisation générale : « Nous invitons les populations et les organisations à prendre la question sanitaire à bras-le-corps. C’est à nous tous de contribuer à l’amélioration des indicateurs. »

 

Fort de son premier prix en matière de résilience reçu en 2025, le district sanitaire veut transformer l’essai. Le Haut-Commissaire a officiellement validé la recommandation de tenir une Journée de l’excellence et de la résilience à Tougan dès 2026.

 

Cette journée aura pour but de mettre en lumière les sacrifices des agents de santé travaillant dans des conditions extrêmes. L’autorité provinciale a instruit les Présidents de Délégations Spéciales (PDS) à mobiliser les forces vives pour évaluer financièrement les besoins minimaux, afin d’accélérer la reprise complète des services de santé et d’enseignement dans la région.

 

Eben-Ezer Ki/ Colombe Média

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