Burkina Faso : un panel pour repenser la souveraineté de l’AES par la recherche scientifique
Le Rassemblement des intelligences pour la sauvegarde de l’Afrique (RISA) a convié ce samedi 26 juillet, à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, des universitaires, chercheurs et penseurs venus du Burkina Faso, du Niger, du Mali et d’autres pays de la sous-région. L’objectif : réfléchir à comment la recherche scientifique peut contribuer à bâtir la souveraineté des pays de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par la volonté affirmée des pays de l’AES de s’émanciper des dépendances économiques et intellectuelles, et de tracer leur propre trajectoire de développement. Pour le RISA, la recherche scientifique et les savoirs endogènes représentent des leviers stratégiques pour atteindre cet objectif.
Quatre axes pour nourrir la réflexion
Les travaux du panel sont structurés autour de quatre communications majeures :
Le rôle des chercheurs dans la Révolution Progressiste et Populaire (RPP), présenté par l’ancien ambassadeur du Togo, Sogoyou Kéguéwé, qui explore comment les intellectuels peuvent accompagner les transformations sociales et politiques en cours.
La contribution des humanités à la souveraineté, développée par le Dr Adama Siddo (Niger), qui souligne l’importance des disciplines comme l’histoire, la philosophie et la littérature dans la construction d’une identité collective forte.
L’unité culturelle des peuples de l’AES, analysée par le sociologue Da Sié de Bindouté, pour rappeler que la cohésion des populations est un socle indispensable à toute ambition de souveraineté.
Les savoirs endogènes et leur impact sur le bien-être social, abordés par le Dr Aly Tounkara (Mali), qui plaide pour une valorisation des connaissances locales comme moteur de solutions adaptées aux défis contemporains.
Une démarche de reconquête intellectuelle et identitaire
Au-delà des échanges académiques, le RISA veut faire de ce panel un cadre de mobilisation des intelligences africaines pour accompagner les mutations que vivent les pays de l’AES. Les débats visent à poser les jalons d’une recherche qui ne soit plus seulement tournée vers les standards internationaux, mais qui réponde d’abord aux besoins locaux et régionaux.
Les conclusions de cette rencontre devraient alimenter de futures initiatives pour renforcer les capacités scientifiques et culturelles de la confédération, dans la perspective de bâtir une véritable indépendance intellectuelle, économique et politique.
AJS/ Colombe média
