‎Ascension du Kilimandjaro : Julio Lucrèce Bazi hisse le drapeau du Burkina Faso au sommet de l’Afrique ‎

‎Ascension du Kilimandjaro : Julio Lucrèce Bazi hisse le drapeau du Burkina Faso au sommet de l’Afrique  ‎

C’est un véritable exploit que vient d’accomplir Julio Lucrèce Bazi. En gravissant le Mont Kilimandjaro, point culminant de l’Afrique avec ses 5 895 mètres d’altitude, le jeune Burkinabè a non seulement repoussé ses limites physiques et mentales, mais il a également hissé haut les couleurs du Faso, dans des conditions extrêmes.

‎Initialement prévue sur neuf jours, l’ascension du Kilimandjaro a été bouclée en seulement cinq jours par Julio, quatre jours de montée et une journée de descente. Un rythme effréné, motivé par une volonté de fer, malgré les douleurs, la fatigue, les risques d’hypothermie et le mal aigu des montagnes.

‎Dans un récit partagé sur ses réseaux sociaux, Julio raconte les heures les plus intenses de sa montée finale. À 1h05 du matin, malgré une jambe douloureuse et un corps affaibli par l’effort des jours précédents, il décide de tenter l’ascension nocturne du sommet. Soutenu par son guide et un porteur, il avance lentement, mais sûrement.

‎« À 5100 mètres, je saignais du nez. À 5150, le mal de montagne a frappé fort. Maux de tête, vertiges, essoufflement, fatigue extrême… Je buvais toutes les 20 minutes pour survivre. »

‎Le froid glacial de la haute altitude (-15°C) a mis son organisme à rude épreuve. Julio perd temporairement l’usage de sa main droite, ses orteils sont gelés, il chute sur la glace et perd brièvement connaissance. À Stella Point (5 756 m), il puise dans ses dernières forces. « Je voyais double, j’étais à bout. J’ai voulu boire un dernier XXL Energy pour tenir, mais il avait congelé dans ma main… »

‎Malgré tout, il atteint le sommet. Le moment est bref, intense, historique, drapeau burkinabè fièrement planté au sommet du Kilimandjaro.

‎Si la montée fut difficile, la descente ne l’a pas été moins. Julio décide de ne pas prendre les deux jours recommandés, mais de tout boucler en une seule journée de descente directe, soit 30 km de terrain accidenté. « J’ai marché, rampé, boité, sautillé de 11h à 18h sous la pluie et dans la boue. Le directeur du parc m’attendait en bas pour me remettre mon certificat. »

‎Malgré les ampoules éclatées aux pieds, les douleurs insoutenables et la fatigue extrême, Julio termine son périple dans la dignité. Un exploit salué par ses pairs, ses compatriotes et les responsables du parc du Kilimandjaro.

‎Julio Lucrèce Bazi entre désormais dans la courte liste des Burkinabè ayant atteint le sommet du Kilimandjaro et surtout, dans les annales des esprits audacieux qui refusent l’abandon, même dans l’adversité extrême. « Je l’ai fait ! Pour moi, pour le Burkina Faso. Je ne suis pas héliportable ! », conclut-il, avec humour et fierté.

‎✍🏾Franck Olivier/Colombe média

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