42 ans après le 4 Août 1983 : le CAMARADE ravive la flamme de la Révolution sankariste

42 ans après le 4 Août 1983 : le CAMARADE ravive la flamme de la Révolution sankariste

42 ans après la Révolution Démocratique et Populaire initiée par le Capitaine Thomas Sankara, le Cadre d’Action des Mouvements et Associations Révolutionnaires pour un Accès au Développement Endogène (CAMARADE) dresse un bilan empreint de fidélité, d’alerte et de propositions. À l’occasion de cette date symbolique, le mouvement renouvelle son engagement pour un Burkina Faso libre, souverain et profondément enraciné dans ses valeurs endogènes.

 

Un héritage toujours vivant

 

Dans une déclaration solennelle signée par son coordinateur national, Samdpawendé Ouédraogo, le CAMARADE rappelle que le 4 août 1983 ne fut pas qu’un simple coup d’État. Il fut, selon les termes du communiqué, « une réappropriation du destin national », marquée par une rupture radicale avec l’ordre établi et une irruption de la dignité populaire sur la scène historique.

 

La Révolution sankariste, rappelle le texte, a été une période d’audace sociale et politique : alphabétisation de masse, vaccination, réforme agraire, lutte contre les privilèges, revalorisation des langues nationales et promotion des droits des femmes. Ce vent nouveau, selon le CAMARADE, a donné au Burkina Faso non seulement un nom, mais une voix et une fierté.

 

Des ennemis de l’intérieur toujours actifs

 

Mais quarante-deux ans après, le constat est amer. Si l’élan de 1983 n’a pas été brisé dans les esprits, ses ennemis, eux, n’ont pas désarmé. « Plus discrets, parfois plus habiles », ils œuvreraient, selon le mouvement, à effacer la mémoire révolutionnaire, à détourner l’héritage populaire au profit d’intérêts personnels ou politiques.

 

Le CAMARADE lance une mise en garde sévère contre les « caméléons idéologiques », les « pseudo-révolutionnaires » et les « carriéristes sans conviction », dont les agissements, dit-il, mettent en péril l’intégrité du projet sankariste. Une ligne rouge est ainsi tracée : « La Révolution ne sera ni la revanche des anciens bourreaux, ni le refuge des opportunistes. »

 

Une demande forte : consacrer le 4 août comme vraie date d’indépendance

 

Dans un acte politique fort, le mouvement révolutionnaire appelle les autorités burkinabè à consacrer officiellement le 4 août comme date de la véritable indépendance nationale, estimant que c’est ce jour-là, en 1983, et non le 5 août 1960, que le peuple a repris réellement les rênes de son destin.

 

Le CAMARADE plaide également pour la création d’une École Politique Révolutionnaire Nationale, un institut dédié à la formation idéologique, l’éducation politique et la transmission de la mémoire historique. Un projet inspiré des grandes figures panafricaines telles que Nkrumah ou Amílcar Cabral, et qui vise à former les futurs cadres communautaires dans l’esprit de transformation sociale et de résistance intellectuelle.

 

Un hommage au courage militaire et populaire

 

Dans un contexte sécuritaire toujours tendu, marqué par les assauts terroristes et les ingérences étrangères, le CAMARADE rend hommage aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ainsi qu’aux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP). Ces derniers sont qualifiés de « boucliers vivants de la Patrie » et d’« héritiers du courage révolutionnaire ».

 

Un éloge particulier est adressé au Capitaine Ibrahim Traoré, Président de la Transition, dont l’action est perçue comme un prolongement fidèle de la Révolution de 1983. Le communiqué précise que Traoré « ne fait pas œuvre de fondateur : il fait acte de continuité. »

 

Mobilisation populaire et vigilance permanente

 

Le CAMARADE appelle enfin à une mobilisation accrue à la base, à travers les villages, les quartiers et les lieux de travail. L’objectif : organiser, éduquer, structurer les consciences pour que la Révolution reste un processus vivant, et non un souvenir figé.

 

« La Révolution ne se fait pas dans les discours », rappelle le mouvement, qui invite chaque citoyen à une participation consciente et active. Le centralisme démocratique, la critique permanente, l’unité des forces sincères et la formation idéologique sont autant de leviers qu’il entend activer pour faire barrage à toute forme de récupération.

 

Un appel à l’Histoire!

 

En proclamant que « la Révolution continue », le CAMARADE n’invoque pas seulement la mémoire sankariste. Il inscrit son action dans une bataille actuelle, politique, sociale, sécuritaire et idéologique, contre l’oubli, la dépolitisation et la résignation.

 

À l’heure où le Burkina Faso affronte des défis majeurs, cette déclaration apparaît comme un cri de ralliement, un rappel à l’ordre, mais aussi un acte de foi : foi dans la capacité du peuple burkinabè à reprendre en main son destin, à se forger un avenir fidèle à l’idéal de justice, d’autonomie et de dignité.

 

La Patrie ou la Mort, nous vaincrons.

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